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On a volé mon chapeau !!!



Biennac a été pendant des siècles le chef-lieu paroissial dont dépendait Rochechouart.
À partir de 1770, fut créée à Rochechouart la paroisse de Saint-Sauveur qui géra alors ses propres registres.
La belle église romane de Biennac dédiée à Saint-Julien avait son clocher qui menaçait ruine au milieu des années 50.
En 1959, la flèche d'ardoises fut remplaçée, sans doute pour des raisons économiques, par un toit plat en tuiles.



L’église de Biennac dont la date de fondation est inconnue, a été reconstruite vers le XIIIème siècle. Elle a été consacrée le 4 juillet 1262.
Au XVIème siècle, le choeur, l’abside, les voûtes et le clocher furent reconstruits. Selon Duléry, les pierres pour ces travaux provenaient du château de Cramaud qui était alors démoli.
La légende assure que dans le transport de ces pierres, il y eut quelque chose de divin et de mystérieux. Deux boeufs blancs, attelés à une charette, traînaient ces pierres sans conducteur visible, de Cramaud à Biennac. Des hommes chargeaient la voiture, les boeufs blancs partaient, arrivaient à Biennac où quelqu’un déchargeait les pierres, puis les boeufs s’en retournaient.... Jamais il n’est arrivé d’accident sur cette route difficile, et jamais les boeufs blancs ne se sont trompés de chemin !

L’église de Biennac a inspiré le peintre Michel Le Roy, qui, dans le froid d’un hiver rigoureux et enneigé, a réalisé en deux jours une toile représentant ce monument.
Emmanuelle, l’épouse du peintre, s’était réfugiée pendant ces travaux dans l’atelier d’un sabotier en face de l’église devant un feu de cheminée...



L’intérieur de l’église


La voûte du choeur est ogivale. Du sol partent quatre colonnettes ornées d’élégants chapiteaux sur lesquels reposent directement de gracieuses nervures qui se rejoignent à la clef de voûte.


La chapelle de la vierge.

La chapelle de Saint-Julien, patron de la paroisse.

Le bénitier monumental.


Dans la sacristie, un buffet massif occupe tout un pan de mur.

Gravé dans le bois, le nom du fabricant : “L. Brandy du Peyrat, Vicaire R. 1782”.


Ces marches usées par le temps et cette porte permettent l’accès à un escalier en hélice qui monte au clocher.

Deux cloches sont présentes dans le beffroi. L’une qui donne le “mi”, porte la date de 1664. Elle a pour parrain “Haut et puissant seigneur Lois de Pompadour”, et pour marraine “Damoiselle Marie de Pompadour”. Elle porte également l’invocation “Sancte Juliane Ora pro nobis” et les noms suivants : “Pierre Javerlhiat, syndic”, “Mre Léonard Nauche, curé”.
La seconde cloche qui donne le “la” a été bénite le 29 juillet 1883. Le parrain était “Paul-Marie-Guy de Reilhac de Châteaurocher” et la marraine “Marie-Thérèse de Reilhac de Châteaurocher”. M. Junien était curé.


Plaque à la mémoire des paroissiens morts pour la France durant le conflit de 1914-1918.

Cette belle pierre porte la date de 1406. Aux quatre coins apparaissent les armes du Cardinal de Cramaud.
Sur cette pierre est gravée en lettres gothiques, la fondation du cardinal, Simon de Cramaud, évêque de Poitiers, patriarche d’Alexandrie, par laquelle il assurait la subsistance aux quatre chapelains qu’il créait dans l’église de Biennac.



Traduction de l’abbé Duléry :
“Le révérend père en Christ illustrissime seigneur Simon de Cramaud, natif d’un lieu de cette paroisse, a fondé en cette église, quatre chapellenies pour quatre chapelains, dont chacun est tenu de célébrer chaque jour, à perpétuité, une messe de morts pour les âmes du père du dit révérend seigneur et de ses parents, et ce chacun leur tour et par semaine, savoir, les quatre semaines étant révolues, celui qui aura célébré dans la première semaine du mois, devra recommencer, et dans la seconde le second, dans la troisième le troisième, et dans la quatrième le quatrième, et continuant ainsi chaque mois, à perpétuité.
Nul ne pourra posséder ces chapellenies, s’il ne réside personnellement dans ce lieu de Biénac.
Ces quatre chapelains sont tenus, tous les jours de dimanche et de fêtes, de dire avec le chapelain de cette église, matines et les autres heures de l’office, et d’aider à la célébration de la grand’messe.
Et pour la subsistance de ces chapelains, il a acquis la dîme de ce bourg et du mas de La Royère et de Cramaud, sur lesquels il possédait déjà trente et un septiers de grain, et pour le reste il a donné au seigneur vicomte de Rochechouart, quarante et une livres trois deniers de rente, lesquelles rentes le seigneur de Mareuille possédait depuis longtemps sur les habitants de Rochechouart, et pour lesquelles il a compté au même seigneur de Mareuille quatre cents livres. Il a aussi acquis d’Etienne Quadrigare, cinq septiers de rente, savoir, deux septiers de froment et trois septiers de seigle sur la dîme du mas de la Chassanbie, dans le territoire de la ville de Rochechouart, entre le mas du Plantier d’une part et le mas des Chausseilles, et la troisième partie de la dîme du vin du dit territoire.
Le révérend seigneur a donné en outre à perpétuité d’autres choses à ces chapelains, et, par la grâce de Dieu, il leur en donnera bien d’autres.
Ceci a été écrit l’an du seigneur, mil quatre cent six.”